2-1 pour les Kiwis, le choc des Titans
Victoire des Kiwis aujourd’hui lundi dans cette 3ème course de la Coupe de l’America. Une régate chargée de suspens où on a cru les Néo-Zélandais gagnant dès le Ier bord. Puis après avoir été largement dominés pendant la moitié de la régate, Alinghi fait un incroyable come-back et croit s’envoler vers une fantastique victoire. Mais, comme dimanche, les Kiwis ne lâchent rien. On assiste à un vrai duel des titans dans le dernier bord et jusqu’à la dernière minute personne ne peut en prédire l’issue. Du grand et beau match-race et au terme d’une course complètement folle, Emirates Team New Zealand arrache un hallucinant deuxième point. Une défaite terrible pour l’équipe suisse et qui va faire très mal au moral.
L’après-midi avait mal commencé. Un vent capricieux retarde la reprise de la 32ème America’s Cup. Après une journée d’hier caniculaire et une nuit balayée par un vent chaud venant du Sahara, le thermomètre affiche tristement 25 degré et la brise thermique ne s’installe pas. Après deux heures d'attente et un vent qui oscille entre 7 et 12 noeuds, Peter Reggio, directeur du Comité de Course, lance finalement la course.
Contrairement aux deux premières régates, c’est Alinghi qui prend largement un meilleur départ. Dean Barker est en retard et NZL 92 est lent à franchir la ligne, 8 secondes derrière les Suisses. Mais les Kiwis voulaient la droite et la préservent coûte que coûte, ce que Terry Hutchinson, le tacticien, pense être le meilleur côté du plan d'eau. Un choix judicieux, puisque NZL92 bénéficie d’une grosse bascule de vent à droite et s’échappe rapidement. On peut même dire qu’il s’envole. L’écart se creuse dramatiquement pour Alinghi, 340 mètres derrière après 20 minutes de match. A la bouée au vent, les Kiwis sont 1 minute et 23 secondes devant. Avec 400 mètres d’avance pendant les premières minutes du bord de portant, on ne voit pas ce qui peut empêcher Dean Barker d’empocher son deuxième point. On se dit que les Suisses vont finir la course à la jumelle.
C’est pourtant SUI 100 qui est le plus véloce au vent arrière et Ed Baird rattrape lentement mais sûrement son adversaire. A l’approche de la porte sous le vent, Dean Barker voit son avance fondre de moitié. 200 mètres d’avance, ce qui semble encore suffisant, pour des Néo-zélandais réputés pour le sens du contrôle et la perfection de leurs manœuvres. Mais au moment d’enrouler la bouée, le vent tourne subitement et l’équipage kiwi rate sa manœuvre. Le spinnaker se coince dans l’écoute de génois. NZL92, ralenti, est incapable de virer. SUIS 100 passe la bouée 1 minute derrière mais s’élance beaucoup plus rapidement et beaucoup plus près du vent. Le retard fond rapidement et au milieu du près, les deux bateaux sont à nouveau bord à bord. Alinghi est à gauche, Team New Zealand à droite. La bascule de vent favorise cette fois ci le Defender, qui enroule la troisième bouée 15 secondes devant.
Dans le dernier portant, Alinghi navigue 100 mètres devant. Largement suffisant… Brad Butterworth, le tacticien suisse, décide alors de jouer le vent et pas l’adversaire. Il laisse les Kiwis s’éloigner. Risqué, dans un vent très très capricieux. Dean Barker, au gré des bascules, parvient à ramener son étrave au niveau de son adversaire. Le suspens est à son comble et les deux bateaux fondent vers l’arrivée. La cellule arrière néo-zélandaise a placé son bateau au bon endroit et ETNZ coupe la ligne en tête, 25 secondes devant Alinghi.
La 32ème America’s Cup a vécu aujourd’hui l'un des plus grands matchs de son histoire. Grandiose !
RV/Fdb- Valencia le 26 juin 2007











