3-2 : Alinghi reprend le commandement
Le Defender profite aujourd’hui d’un spi néo-zélandais parti en lambeaux pour récupérer l’avantage sur le Challenger. Malheureux, les Néo-zélandais peuvent nourrir des regrets. Dominateurs dès le début de la régate, ils ont construit et développé un bateau, NZL92, tout aussi rapide que celui des Suisses, même dans une brise de 15 nœuds. Dans ces conditions, parfaites pour le suspense et l’intérêt de la course, la moindre casse ou la moindre erreur sont fatales.
Dean Barker fait dès le départ preuve d’agressivité et emmène Alinghi slalomer au milieu de la flotte des bateaux media et VIP. De retour pour couper la ligne, le bateau suisse est en retard, mais semble content d’avoir pris la droite du plan d’eau. Les Kiwis partent lancés, deux longueurs devant, et ne tardent pas à couvrir. Les deux bateaux s’engagent bâbord amure pour un long speed test. On pensait SUI100 plus rapide, mais NZL 92 est tout aussi à l’aise et parvient à garder son avantage.
Dean Barker force Ed Baird, sous le vent, à naviguer pendant 2 minutes au-delà de la layline. Premier à virer, le bateau kiwi a réussi son coup et file avec désormais 2 à 3 longueurs d’avance vers la bouée, enroulée avec 12 secondes d’avance. 70 mètres devant, Dean Barker est à l’abri du dévent que pourrait causer Alinghi. Les Helvètes reviennent, mais lentement. A bord de NZL 92, on s’agite. Un trou a été repéré dans le spinnaker. Il s‘agit de réagir vite et de réaliser un pilling, manœuvre délicate consistant à hisser un nouveau spinnaker à l’intérieur du spi abîmé, avant de l’affaler. Les 15 nœuds de vent ont finalement raison du trou et font éclater le spi, qui s’enchevêtre et se mélange avec son remplaçant, en train de monter. Le premier spi est récupéré, mais le sort s’acharne sur la Nouvelle Zélande, incapable de régler le second qui vole tristement derrière le bateau, rattaché à la tête du mât. Un troisième est rapidement hissé, tandis que le second est finalement abandonné à la Méditerranée, puis récupéré par le Chase Boat néo-zélandais.
SUI100 n’en demande pas tant et double rapidement NZL 92, impuissant, amputé qu’il est de son principal moteur. En bas du parcours, Team New Zealand a limité les dégâts, et franchit la porte sous le vent avec 26 secondes de retard. Bien décidé à ne rien lâcher, Dean Barker entreprend une folle poursuite, cherchant constamment de l’air frais, si possible loin de son adversaire. On le croit un temps capable de revenir en course, mais comme hier, Butterworth est vigilant et ne laisse pas à son adversaire l’opportunité de relancer la course. En haut du parcours, les Kiwis ont tout de même regagné 2 secondes. Insuffisant… Le scénario est identique dans la dernière ligne droite, et c’est Alinghi qui coupe 19 secondes en tête.
Le Defender n’est plus qu’à deux victoires de conserver son précieux trophée.
RV / Valencia, 29 juin 2007.











