4-2 pour les Suisses : Alinghi a un point de la victoire finale
Les Suisses creusent le score ce samedi à Valencia. Quatre points à deux pour le Defender qui n’est plus qu’à un point de conserver l’aiguière d’argent. Une victoire décisive pour Alinghi au terme d’un match somptueux. Une victoire qui leur donne les moyens de gagner demain.
@ Lyn Hines
C’était encore un match d’anthologie, du grand art, la Coupe dans tous ses états … "Fenomenal" comme disent les Espagnols ici.
D’abord les Suisses qui veulent la droite, la prennent mais Emirates Team New Zealand bénéficie d’un vent de gauche un peu plus soutenu. Alinghi qui ne peut pas tenir la position au vent plus de 8 minutes est du coup obligé de virer sur la droite du parcours.
Dean Barker prend ainsi un léger avantage et réussit à passer la première bouée avec 14 secondes d’avance pour mener ensuite tout le deuxième bord sous spi. On entend l’hymne néo-zélandais qui résonne dans le village. Le bateau noir creuse même jusqu’à 120 mètres et passe la deuxième bouée 12 secondes en tête avec 74 mètres d’avance. C’est à ce moment là que le match change de configuration. Les Kiwis choisissent la bouée de gauche mais il s’avère rétrospectivement que c’est de la droite que le vent arrive. Alinghi revient alors à toute allure dans ce 3ème bord, 25 mètres, 6 mètres, 3 mètres ...
Au terme d’une bataille de virements, Alinghi prend finalement l’avantage et passe la troisième bouée 16 secondes en tête avant de s’envoler littéralement. 108 mètres dans le dernier bord sous spi avant le finish. ETNZ se bat, empanne et remonte à 75 mètres, puis reperd du terrain, ré-empanne, arrive 5 mètres derrière le bateau suisse qui ne lui permet pas de passer. Les deux géants sont à moins d’une longueur de bateau. Mais les Helvètes conservent leur avantage, reprennent 135 mètres et franchissent la ligne d’arrivée 28 secondes devant leur adversaire.
Du grand art et une victoire qui coûte très, très cher aux Néo-Zélandais. 4-2, cela fait mal. Les Kiwis pour remporter la Coupe doivent maintenant gagner 3 régates d’affilées.
« Ce qui me frappe, explique Daniel Andrieu du China Design Team c’est que les bateaux sont extrêmement proches en terme de performance, que les deux équipages ont une volonté extraordinaire de gagner. Quand on voit les deux bords de près mano à mano, il y a une tension extraordinaire, au mètre près. Un niveau de barre, de synchronisation stupéfiant. Et c’est celui qui ne fait aucune erreur qui gagne. Les Kiwis ont pris la bouée de gauche alors qu’on a vu après que du vent venait de la droite. C’est là que tout s’est joué. Quand les deux bateaux se recroisent dans le deuxième près, il ne manque qu’une demie longueur de bateau au Kiwis. Du côté suisse, il n’y a pas eu d’erreur et ils ont su gérer la pression parfaitement. Rien à dire… »
Fdb-Valencia le 30 juin 2007
@ Lyn Hines